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le 10 et 11 mai de 2010
Rencontre finale à Mehuin Bajo cimente nouvelle phase de l’IVS et processus de coopération intercommunautaire
La troisième rencontre entre les trois acteurs du nouveau réseau de vidéastes communautaires – l’Équipe audiovisuelle de Mississippi, le vidéaste de Malalhue et le directeur de Mapuche TV3 – a eu lieu à Mehuin Bajo et Mississippi. Cela a permis aux représentants de Malalhue et de Mapuche TV3 à connaître la zone de Mehuin et le contexte local dans lequel l’Équipe audiovisuelle travaille. La première des réunions a eu lieu chez deux dirigeantEs importantEs du Comité, occasion de placer la participation de l’Équipe dans ce nouveau réseau dans le contexte du conflit socio-environnemental dans lequel leur communauté est plongée.
À part des promis renouvelés d’appui mutuel, deux idées très concrètes ont surgi des réunions : premièrement, les dirigreantEs du Comité et l’Équipe audiovisuelle ont invité le canal Mapuche TV3 à faire escale dans leurs communautés pour essayer une première expérience en télévision rurale communautaire; deuxièmement, il a été décidé que les vidéastes de Mississippi et Malalhue ainsi que le directeur de Mapuche TV3 entreprendront ensemble leur première coproduction audiovisuelle, permettant le partage de connaissances, compétences et idées et la formation et renforcement des capacités continus pour l’Équipe de Mississippi, les moins expérimentéEs des trois partenaires.
D’ailleurs, ces deux jours de réunions ont marqué la fin de l’étape projet-pilote de l’IVS à Mississippi-Mehuin. Avec l’achèvement de l’étape pilote vient l’énergie et la motivation pour le début d’une nouvelle phase de notre travail de renforcement des capacités communicationnelles au Wallmapu (territoire mapuche) : l’offre des formations en production audiovisuelle de qualité professionnelle à de jeunes Mapuche et le développement de l’outil de la télévision rurale communautaire comme moyen d’impliquer activement les membres des communautés dans une communication qui est pertinente à leur contexte politique et socio-culturel.
Gardez l’antenne…
Peukayal,
Les coordinateurs de l’IVS
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le 24 au 27 avril de 2010
L’IVS collaborera avec initiative de télévision communautaire mapuche
Deuxième visite « réseautage » : le siège urbain de Mapuche TV3, Temuco
Suivant la visite très motivante à Malalhue, nous avions commencé à planifier une prochaine rencontre pour maintenir l’énergie positive générée par l’échange des expériences et idées qui a eu lieu à Malalhue, et pour appuyer à l’initiative de télévision communautaire mapuche pendant qu’elle s’installe temporairement dans son studio urbain dans la ville de Temuco, capital de la IX Région et qui a une grande population de familles mapuche.
Les deux jours que nous sommes passés ensemble à installer la télé mapuche à Temuco et à émettre sa première émission ont permis aux vidéastes de Mississippi et Malalhue et au directeur de Mapuche TV3 à continuer à échanger des compétences et des idées, et de travailler ensemble vers des objectifs en commun. Parmi leurs réalisations a été la coproduction d’un spot promotionnel qui présentera, au début de chaque émission, le canal mapuche aux téléspectateurs; les enregistrements vidéo utilisés dans le spot ont été faits par l’Équipe audiovisuelle de Mississippi pendant le lever de l’antenne et la préparation du studio pour émission, et le montage a été fait par les vidéastes de Malalhue et Mississippi ensemble. La première émission a été suivie par un souper festif de fruits de mer amenés du littoral lafkenche.
Installation de l'antenne pour émissions de la
télévision communautaire mapuche
La visite à Temuco a aussi permis la tenue d’autres réunions et discussions au sujet des pas à prendre pour élargir le projet de télévision communautaire et comment les vidéastes présentEs s’imaginent participer. Il a été décidé qu’une troisième rencontre sera planifiée, cette fois à Mississippi-Mehuin, pour que les membres de ce nouveau réseau puissent connaître tous les territoires impliqués.
L’IVS et Mapuche TV3
Pendant les deux jours suivant cette deuxième rencontre à Temuco, nous sommes réuniEs intensivement avec le directeur de Mapuche TV3 pour planifier officiellement notre collaboration avec cette initiative.
En choisissant d’élargir l’envergure de notre initiative et entrer en partenariat avec un projet de télévision communautaire, nous mettons en valeur la vidéo pas seulement comme moyen de communication stratégique en situation de conflit et d’abus des droits humains, mais comme étant un outil multidimensionnel pour la communication rurale et l’autoreprésentation. Nous sommes enthousiastes de la télévision communautaire autochtone puisqu’elle ouvre un espace important pour la communication directe et culturellement pertinente dans et parmi communautés rurales et marginalisées, et offre une alternative positive à la programmation mercantile et faible en contenu de la télévision ouverte – une programmation qui est souvent ouvertement discriminatoire contre les peuples autochtones, leurs cultures et leurs points de vues politiques.
En explorant avec notre nouveau partenaire les possibilités concrètes pour la collaboration, nous sommes renduEs compte que Mapuche TV3 et l’IVS partagent plusieurs objectifs en commun. Un d’eux est l’importance que toute initiative à développer doit répondre aux besoins et priorités locaux et doit être conçue en partenariat avec les membres des communautés. Les discussions au sujet du nouveau partenariat IVS – Mapuche TV3 ont eu lieu avec la participation active de l’Équipe audiovisuelle de Mississippi et nos autres nouveaux collaborateurs de Malalhue, qui ont touTEs choisi d’agir comme co-initiateurs de cette prochaine étape de l’initiative de télévision communautaire rurale mapuche.
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le 9 à 11 avril de 2010
Phase d’expansion : IVS invitée à la communauté de Malalhue
Pour trois jours en avril, l’IVS a été invitée à la communauté lafkenche de Malalhue, pour être témoin du progrès d’un projet de télévision communautaire mapuche, Mapuche TV3. Mapuche TV3 est une initiative de télévision communautaire rurale et itinérante; son but est la transmission de contenu pertinent aux membres des communautés mapuche et l’ouverture d’un espace communicationnel pour la récupération et promotion de la langue mapuche, Mapuzugun et le savoir traditionnel, Mapuche Kimvn. Pour ce faire, le projet visite des communautés rurales mapuche intéressées par l’initiative, rencontre les membres et dirigreantEs traditionnelLEs de la communauté et organise des démonstrations de comment fonctionne la télévision communautaire. Si l’intérêt de la communauté persiste, elle devient entièrement responsable pour la programmation et l’émission durant une escale dans la communauté d’une durée déterminée. L’escale est suivie par une évaluation de l’expérience.
L’IVS a été invité à la communauté de Malalhue, à quelques heures au nord du littoral de Mississippi-Mehuin. Nous avons été invitéEs pour rencontrer une famille qui se chargeait de l’initiative de télévision communautaire dans cette communauté, pour connaître le contenu qu’a été généré et transmis et pour être présente lors de l’évaluation de l’expérience. Nous avons aussi été invitéEs à un Nguillatun, la plus importante cérémonie religieuse mapuche, qui aura lieu dans la communauté durant ces jours.
Nous avons suggéré que l’Équipe audiovisuelle du Comité nous accompagne à Malalhue, pour connaître d’autres manières d’utiliser la vidéo au niveau communautaire. Nous avons aussi su que la personne responsable de la programmation et émission du canal de télévision à Malalhue est lui-même vidéographe. En arrangeant une rencontre entre vidéographes de Mississippi et Malalhue, notre but a été de créer de nouveaux liens entre audiovisualistes qui travaillent au niveau communautaire et d’introduire l’Équipe audiovisuelle de Mississippi à d’autres idées et possibilités. De notre part, nous voulions explorer les possibilités pour l’expansion de l’IVS, particulièrement vers le domaine plus élargi de la télévision communautaire rurale.
La visite à Malalhue a été fortement motivante pour touTEs celles et ceux qui ont participé. De nouvelles idées pour la collaboration entre audiovisualistes de Mississippi et Malalhue ont surgi, ainsi qu’un intérêt pour la coordination d’une escale de la télévision communautaire itinérante à Mississippi-Mehuin. Durant la première soirée de la visite, les vidéographes ont partagé leurs plus récentes productions, ont échangé leurs expériences de travail avec la vidéo en contexte rural et communautaire et sans accès à beaucoup de ressources, et ont partagé l’importance de leur travail pour eux - et elles-mêmes et leurs communautés.
Cette première rencontre a été suivie d’une réunion de tout un après-midi, dans la ruka (maison traditionnelle mapuche) du longko (chef) de Malalhue. L’échange a été assistée par plusieurs membres de la communauté, incluant le longko et sa femme, membres de sa grande famille et autres individus et dirigreantEs communautaires intéressés. La rencontre s’est étendue pour des heures et a eu lieu de la manière traditionnelle mapuche : autour du feu et avec la tasse de mate qui circulait entre celles et ceux présentEs. Nous avons discuté l’escale de la télévision communautaire à Malalhue, les buts de Mapuche TV3, comment l’expérience pourrait s’améliorer, et les audiovisualistes de Mississippi ont discuté de leur expérience travaillant avec la vidéo en situation de conflit.
La réunion dans la ruka a été qualifiée un succès : une opportunité de réseautage et une occasion pour que les membres de l’Équipe audiovisuelle puissent partager leurs expériences – et les voir validées par des Mapuche d’une autre communauté. De plus important, ce réseautage a eu lieu selon le rythme mapuche et dans un environnement culturel familier aux participantEs. Nous croyons que cela est une des forces de l’IVS : nous n’essayons jamais imposer des façons de faire exogènes à la culture locale, s’efforçant d’encourager des processus qui se développent naturellement et selon la vision du monde locale.
Émergence d’une nouvelle phase élargie
La visite à Malalhue a précipité une nouvelle phase de l’IVS et a injecté une nouvelle énergie dans notre travail avec l’Équipe audiovisuelle. Nous avons aidé à créer un réseau d’individus qui ont en commun le travail audiovisuel communautaire : les vidéographes de Mississippi et Malalhue et le directeur de Mapuche TV3. Le réseau est encore petit, mais il a beaucoup de potentiel pour grandir – tous ces membres sont partis de Malalhue motivés à continuer de travailler ensemble et de s’appuyer entre eux. Il a été décidé que, plus tard en avril, nous allons touTEs se rencontrer de nouveau, cette fois à Temuco pour aider à déménager temporairement le canal de télévision mapuche à la ville, où il attendrait la prochaine communauté qui se manifeste intéressée à essayer sa propre expérience de télévision communautaire rurale.
D’ailleurs, l’IVS a réussi à faire le lien entre deux expériences de communication audiovisuelle. Comme résultat de la visite motivante à Malalhue, nous irons explorer la possibilité de créer un partenariat officiel avec Mapuche TV3. Cela nous permettra à continuer d’appuyer l’utilisation de la vidéo en contextes ruraux et autochotones, d’une manière qui élargirait autant l’impact que la portée de l’initiative.
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avril de 2010
Créer un espace de production
En début avril, les audiovisualistes ont réaménagé la salle principale de leur maison pour séparer le salon de l’espace où ils ont installé l’ordinateur, pour effectivement créer ce qu’un d’eux a appelé « un espace de travail ».
La décision est prise de ne pas construire un centre de production séparé
Durant les mois de mars et avril, nous avons eu plusieurs discussions avec l’Équipe et des dirigeantEs du Comité concernant les possibilités et les mérites de construire le centre de production sur le petit terrain offert par l’Équipe vidéo. Après beaucoup de délibération, nous avons pris la décision que, pour le moment, il serait mieux de créer un espace de production dans la maison des responsables de l’Équipe vidéo. Cette décision a été prise pour plusieurs raisons, principalement :
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Soin des équipements : l’ordinateur, le caméscope, des cassettes archivées et les autres accessoires dureraient plus longtemps si gardés dans la maison chauffée de l’Équipe, étant donné que nous n’aurions pas assez de ressources pour bien protéger le centre de production contre l’humidité du littoral sud-chilien;
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Fonctionnalité : les deux individus responsables de l’Équipe vidéo sont présentement les seulEs résidentEs de Mississippi qui montrent un intérêt sérieux et durable pour acquérir des compétences en caméra et montage. Pour le moment, il n’y a pas assez de demande de la part des autres membres de la communauté pour mériter la construction d’un espace séparé; cependant, d’intérêt a été exprimé par plusieurs jeunes d’autres communautés avoisinantes, mais à cause des distances entre les communautés, il est plus probable que les responsables de l’Équipe à Mississippi de déplacent pour offrir la formation, au lieu que les jeunes viennent à Mississippi pour utiliser d’une manière régulière un centre de production à Mississippi.
Une fois cette décision prise, des ressources ont été désignées à la construction d’un bon espace de travail dans la maison des responsables de l’Équipe. Un menuisier local, qui est aussi membre du Comité, a construit un espace de travail qui sert d’une fois à bureau pour l’ordinateur et espace d’entreposage pour les équipements et cassettes et DVD archivés. Cet espace d’entreposage a permis une meilleure organisation des accessoires et enregistrements archivés. Une section du meuble ferme avec cadenas, pour assurer un entreposage sécuritaire des équipements.
L'espace de production à Mississippi,
après son installation
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avril de 2010
Continuation de la formation en production vidéo : un processus collectif
Durant le mois d’avril, nous avons continué à développer les compétences en production de l’Équipe audiovisuelle, processus qui a visé l’amélioration de leur première vidéo selon les commentaires reçus des membres et dirigreantEs du Comité qui ont visionné la production. L’Équipe a répondu à la rétroaction constante par la production de plusieurs versions de la première vidéo, jusqu’à touTEs étaient satisfaitEs du produit final. Le cycle de visionnement, rétroaction, retour à l’ordinateur et nouveau visionnement a généré un élément collectif au processus de production, créant une expérience unique de production audiovisuelle participative et communautaire.
Suite au succès de cette première expérience, les « audiovisualistes » du Comité ont exprimé leur intérêt à partager leurs connaissances et compétences, en offrant des formations aux jeunes intéresséEs des communautés avoisinantes. En même temps, certainEs dirigeantEs du Comité commençaient à sentir l’urgence d’avoir des individus forméEs en production vidéographique dans le plus grand nombre de communautés possible, pour ne pas devoir s’appuyer uniquement sur les responsables de l’équipe vidéo à Mississippi.
Les audiovisualistes ont eu une première expérience en donnant une mini formation au fils d’un dirigeant d’une communauté avoisinante, où les membres de la communauté veillaient contre la possibilité quotidienne que l’entreprise CELCO viendra pour convaincre des familles à vendre leurs terrains là où la société veut tirer sa conduite à l’océan. La formation consistait de techniques d’enregistrement en cas de confrontation entre membres de la communauté et les agents de CELCO, et de comment prendre soin du caméscope. Après cette formation, le caméscope du Comité lui a été laissé pour les semaines les plus tendues dans cette communauté. L’équipe espère pouvoir éventuellement former ce jeune, et autres, en montage sur l’ordinateur du Comité.
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avril de 2010
Les formations mènent à une première production pour utilisation par les communautés
Durant la première semaine d’avril, nous avons tenu des sessions intensives de formation audiovisuelle avec l’Équipe vidéo. Utilisant un programme de montage très simple et gratuit, Windows Movie Maker, nous avons facilité la formation dans tous les éléments de production d’une vidéo, du transfert des enregistrements de la caméra à l’ordinateur, à la reproduction d’un produit final en format DVD. Nous avons aussi répété des formations en planification et scénarimage que nous avions vues avec l’équipe l’année passée.
Fidèles à la pédagogie « d’apprentissage par la pratique », les formations ont mené à la production d’un premier projet audiovisuel monté par ordinateur. La vidéo produite par l’équipe, avec notre accompagnement technique, a été demandée par les communautés qui intègrent le Comité de Defensa del Mar. Dans le contexte d’un changement d’orientation de l’opposition locale à la société CELCO Arauco – d’une opposition majoritairement socio-environnementale des pêcheurs à une qui met l’accent plutôt sur les droits territoriaux et ancestraux mapuche-lafkenche – des nouvelles communautés se joignent au mouvement, particulièrement celles qui seront impactées par la construction de la conduite entre l’usine de CELCO et le littoral. À la mesure que ces nouvelles communautés s’intègrent au Comité, les dirigeantEs émergentEs veulent diffuser un message important aux membres de leurs communautés : que l’unité territoriale est essentielle et que l’opposition à l’entreprise forestière ne termine pas avec la décision en faveur de son Étude d’impact environnemental. Le message que les dirigeantEs ont demandé à l’Équipe vidéo de diffuser, c’est celui d’une nouvelle étape de la lutte sociale : moins d’accent sur les droits socio-environnementaux (l’État n’écoute pas, en tout cas) et plus d’accent sur les droits territoriaux, socio-culturels et ancestraux des Lafkenche.
À travers le processus de formation audiovisuelle, l’équipe a créé une production de 13 minutes ciblant les membres des communautés mapuche de la zone, qui fait appel à l’unité et un renouvellement de l’esprit d’opposition aux plans de CELCO et du gouvernement chilien pour le territoire lafkenche.
Cette première production a été montrée plusieurs fois à plus de 20 membres des communautés et dirigreantEs réuniEs dans la communauté avoisinante de Yeco. Beaucoup d’entre eux et elles ont offert des commentaires et suggestions, discutant avec l’Équipe comment la vidéo poudrait être améliorée. Les membres des communautés ont demandé à l’Équipe de retourner à l’ordinateur et d’ajouter certains éléments à la vidéo, avant la distribution des copies. Cette session de feedback a généré beaucoup d’énergie positive autour le travail de l’Équipe vidéo et a montré que les membres des communautés considèrent important le travail audiovisuel.
La prochaine étape consiste de retravailler la vidéo selon les commentaires et de produire des copies en DVD pour les communautés. Le résultat de tout ce processus de travail collectif et de feedback est une augmentation marquée du sens d’appropriation du travail de vidéo de la part des membres de l’Équipe, qui ont commencé à s’appeler « l’Équipe audiovisuelle du Comité » et des « audiovisualistas ». L’équipe a plusieurs idées pour d’autres vidéos qu’ils aimeraient travailler, ce qui nous permettra de continuer de développer leurs compétences avant la fin de cette phase de l’IVS, en mai.
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le 31 mars de 2010
Le Comité de Defensa del Mar contrôle l’accès des médias aux enregistrements d’un conflit ponctuel : vidéo enregistrée par l’équipe vidéo est montrée par une chaîne nationale de télévision
Le 30 mars, des arpenteurs contractés par CELCO sont arrivés à un camping près de la plage, propriété d’une récemment créée « communauté autochtone » qui a négocié avec la compagnie. L’étude des terrains pour l’installation de la conduite a commencé. Des membres du Comité provenant de plusieurs communautés mapuche-lafkenche sont arrivés au site d’arpentage pour manifester leur opposition de ce travail sur territoire autochtone. La confrontation s’est virée à la violence quand un résident de Mehuin, membre de la première famille à négocier avec CELCO et celle qui contrôle et encourage le processus de négociation d’autres résidentEs, a attaqué deux femmes de la communauté lafkenche de Yeco avec une barre de fer. La confrontation a causé la fuite de l’équipe d’arpentage du site.
Une des membres de l’Équipe vidéo formée par l’IVS a été présente et a enregistré toute la confrontation. L’enregistrement démontre une qualité d’image et de composition supérieure à d’autres enregistrements antérieurs faits par des membres du Comité sans formation en vidéo. Après la confrontation, la cassette a été amenée directement à l’ordinateur de l’Équipe et la personne qui l’a enregistré l’a transféré au disque dur.
Ces simples actes d’autodéfense avec la vidéo numérique en situation de conflit – actes accomplis sans l’accompagnement sur place de l’IVS – ont mené à un des succès majeurs en utilisation autonome de la vidéo depuis le début de notre travail à Mississippi-Mehuin. Le lendemain, des journalistes de Megavisión, une des plus importantes chaînes de télévision nationales, sont arrivés à Mehuin pour filmer. Le contact a été fait entre les journalistes et le Comité, et une version montée de l’enregistrement les a été donné par l’Équipe vidéo, avec notre accompagnement technique. Le montage partagé avec Megavisión a été intégré avec ce que les journalistes ont enregistré et a été montré au pays entier durant les nouvelles du soir.
Nous considérons tout cela un grand succès, puisque pour la première fois, une vidéo a été montée dans une communauté autochtone et selon un processus qui a été contrôlé par les résidentEs autochtones, dans ce cas l’Équipe vidéo. Cela a permis un beaucoup plus grand contrôle sur le contenu des enregistrements montrés au public chilien, dans un contexte où les journalistes présentent régulièrement des reportages qui représentent négativement les communautés mapuche et touTEs ceux et celles qui vont à l’encontre du « progrès » et du « développement ». Les membres de l’équipe vidéo se sentent aussi beaucoup plus confidentEs dans leurs compétences et capacités et sont de plus en plus convaincuEs de la pertinence du travail audiovisuel dans le contexte de leur lutte sociale.
Cliquez ici pour regarder le reportage Megavisión
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le 27 février de 2010
Tremblement de terre au Chili
À 3 h 34 le matin du 27 février, le Chili a subi un tremblement de terre majeur, d’une magnitude de 8.8.
Nous avons été moins impactéEs dans la zone de Mehuin-Mississippi, mais ce tremblement de haute intensité a marqué la vie quotidienne pour les semaines qui ont suivi. Les bonnes nouvelles, pour les résidentEs de Mississippi, Mehuin et environs, sont que seulment quelques dommages aux bateaux de pêche ont été le résultat du tremblement. Cependant, la vie des résidentEs du littoral a été bouleversée pour la semaine suivant le tremblement, avec toute la population dormant en hauteur pour peur d’un tsunami.
Quelques jours après le tremblement, quand le danger majeur est passé, nous sommes alléEs à Temuco pour aider à l’Observatorio Ciudadano dans ses efforts d’aide directe aux communautés mapuche du littoral impactées par les tsunamis. Pour lire davantage sur ces efforts ainsi qu'une opinion de l’ONG sur les effets sociaux du tremblement, consultez le billet du 4 mars 2010 des pages anglaises du blog.
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le 25 février de 2010
Initiation des formations en production audiovisuelle : le transfert « maritime » de l’ordinateur à la communauté
Après avoir laissé le temps nécessaire pour la prise de décisions concernant l’hébergement des équipements audiovisuels, nous avons entrepris aujourd’hui l’étape de formation en montage et production par le transfert officiel de l’ordinateur et les accessoires associés au Comité.
Nous avons laissé la décision de quand commencer l’étape de formation à l’Équipe vidéo, cela pour assurer qu’ils s’approprient de l’équipement et que leur motivation d’apprendre et de travailler est sincère. Nous voulions encourager la poursuite des objectifs locaux selon les rythmes locaux, et non pas des objectifs liés à l’échéancier du projet et autres exigences « d’efficacité » occidentales, et pour cela nous n’avons jamais poussé l’initiation immédiate de l’étape de formation. Nous pouvons donc dire, à cette étape préliminaire, que les équipements de production audiovisuelle ont été effectivement appropriés par l’Équipe vidéo, puisque c’était eux qui ont exprimé leur volonté que les équipements soient transférés à Mississippi, où ils ont mis à côté un coin de leur maison pour accueillir l’ordinateur, jusqu’à la construction du centre de production soit complète.
Ce transfert symbolique de l’équipement qui fait possible le travail audiovisuel – transfert qui a été accompli en amenant l’ordinateur de Mehuin Bajo à Mississippi en bateau de pêcheur – marque le début de la phase de formation en production audiovisuelle : l’installation de l’ordinateur et l’exploration de ses fonctions importantes. Utilisant l’approche d’apprentissage par la pratique qui caractérise la méthodologie de l’IVS, nous avons exploré avec l’Équipe comment capturer de la vidéo du caméscope à ordinateur, copier des DVD, copier de la musique à l’ordinateur pour son utilisation dans des montages, et comment organiser vidéos, musique, photos et autres fichiers pour qu’ils soient facilement accessibles durant le processus de montage.
L'ordinateur et accessoires sont transportés à Mississippi par bateau de pêche
Deux facteurs semblent avoir générés le bon moment pour transférer les équipements et commencer l’étape de formation : la fin de la saison estivale (janvier–février) et donc les plusieurs tâches saisonnières qui occupaient le temps des Lafkenche depuis notre arrivée (la pêche, l’emploi saisonnier, les rénovations et autres travaux sur les maisons) ; et le sentiment d’urgence après la décision en faveur de la décharge des résidus toxiques dans la baie, force qui motive plus encore la création d’un mouvement ample des communautés mapuche pour la protection du littoral et des formes de vie lafkenche.
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le 23 février de 2010
Conseil régional de l’environnement vote en faveur de la décharge des résidus industriels dans la Bahía de Maiquillahue
Le 23 février représente un changement majeur dans les stratégies d’opposition des communautés lafkenche à la conduite que CELCO veut construire : c’est le jour que, après une réunion à huis clos (certainEs représentantEs des communautés affectées ont été admisES) qui a duré plus que huit heures, les représentants régionaux des ministères ont approuvé l’Étude d’impact environnemental présentée par CELCO (neuf en faveur, six en contre). Cela donne feu vert environnemental à la compagnie de décharger ses déchets industriels dans la Bahía de Maiquillahue, en territoire mapuche-lafkenche.
Ici à Mississippi-Mehuin, les gens ont tôt compris que la décision politique d’approuver le projet a été déjà prise. Cependant, la réunion de la commission régionale environnementale, COREMA (Comisión Regional de Medio Ambiente), où le vote a officialisé la décision, a été accompagnée par tension et émotion de la part des douzaines de membres des communautés qui ont voyagé à Valdivia pour être témoin du processus et faire connaître leur position.
La réunion, qui a commencé vers 16 h et a terminé après minuit, a été ouverte à environ 60 personnes sur une liste d’invitéEs : la moitié, ceux et celles qui appuient le projet de CELCO et l’autre moitié, les opposantEs. Chaque personne présente a eu cinq minutes pour présenter leur opinion aux représentantEs des ministères. À part la presse accréditée, personne d’autre n’a été admis à la salle. L’école où la réunion a eu lieu a été fermée et protégée par la police.
Des centaines de Mapuche Lafkenche, résidentEs de Valdivia et représentantEs de la société civile ont dû se contenter à manifester dans la rue devant l’école, accompagnéEs par des douzaines de Fuerzas Especiales (FF.EE. ou police antiémeute) qui ont formé deux cordons pour séparer ceux et celles qui appuient le projet (des personnes mapuche et non mapuche de Mehuin et les communautés avoisinantes qui ont pris l’argent de CELCO) et ceux et celles qui l’opposent, un groupe beaucoup plus grand et divers, incluant des familles du Comité, des résidentEs de Valdivia et des membres des mouvements de la société civile. Les FF.EE. ont été présentes le long de la réunion, avec toute leur artillerie antiémeute : bergers allemands, grands autobus vert foncé pour les détenuEs, guanaco (canon d’eau) et zorrillo (char au gaz lacrymogène).
Parmi toute cette artillerie, un petit caméscope a été constamment présent, les policiers l’utilisant pour enregistrer les manifestantEs, particulièrement ceux et celles du Comité et leurs alliéEs. Nous avons observé l’enregistrement des opposantEs de la conduite au moins six fois, mais n’ont jamais observé l’enregistrement des manifestants pro-CELCO.
L’utilisation de la technologie de vidéo numérique comme un outil d’intimidation policière et pour l’identification des citoyenNEs qui s’opposent au statu quo nous sert pour renforcer l’importance de l’appropriation communautaire de ce même outil : une manière d’assurer que les voix des communautés soient écoutées et que les membres des groupes marginalisés ne soient jamais des victimes passives des détenteurs de pouvoir sinon des individus actifs qui ont comment documenter et opposer l’abus de leurs droits culturels, environnementaux et territoriaux.
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février de 2010
La décision Palguin : Convention nº 169 utilisée pour gagner poursuite contre un projet aquaculture
Pour la première fois au Chili, les concepts de la consultation et participation des communautés autochtones potentiellement affectées par un projet de « développement », comme ils sont présentés dans la Convention nº 169 de l’Organisation Internationale du Travail, ont été utilisés avec succès pour défendre des communautés autochtones et arrêter le progrès d’un projet avec effets averses sur l’environnement. Les avocats de l’Observatorio Ciudadano, notre ONG partenaire au Chili, ont présenté une poursuite contre un projet d’aquaculture (élevage de saumon) au nom des autorités traditionnelles des communautés mapuche de Palguin.
Pour lire davantage sur cette victoire importante, consultez les pages anglaises du blog.
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