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février de 2010
Les premiers pas vers la construction d'un centre de production médiatique à Mississippi
Parmi les divers sujets discutés durant les réunions initiales avec le Comité a été la question d’où héberger l’ordinateur que l’IVS donnera aux communautés membres du Comité pour des fins de production audiovisuelle. Après plusieurs semaines de discussion collective et d’options proposées, nous avons choisi ce qui nous semblait la meilleure solution en matière d’accessibilité, sécurité et fonctionnalité.
Accessibilité : la priorité du Comité était de créer un espace commun, accessible à tous les membres du Comité de toutes les communautés avoisinantes. Idéalement, cet espace ne serait pas dans une maison particulière sinon dans un lieu facile à accéder pour tout le monde, ce qui permettra aussi à d’autres membres du Comité de se joindre à l’Équipe vidéo et suivre les formations en production audiovisuelle. Finalement, on voulait que le caméscope, cassettes vierges et autres accessoires soient également accessibles à tout le monde qui sait l’utiliser, en cas d’urgence. Il a été décidé unanimement que le centre de production audiovisuelle devrait être construit à Mississippi, étant un lieu central pour tout le monde et un acte symbolique de construire un espace de communication autonome à l’épicentre même du conflit.
Sécurité et fonctionnalité : l’espace de production devrait être protégé de la possibilité du vol des équipements tenant en compte non seulement la valeur monétaire de la caméra et l’ordinateur, mais aussi la valeur historique et stratégique de l’information qui sera concentrée dans ce centre de production en zone de conflit socio-environnemental. Cela fait du siège du Comité à Mississippi un lieu trop insécure pour héberger le centre de production.
Nous avons étudié plusieurs options proposées par des membres du Comité¸particulièrement des possibilités d’acquérir un espace sur les terrains des membres du Comité qui résident à Mississippi. Ayant parlé avec toutes ces personnes, et tenant en compte le manque total d’espaces communs/communautaires dans le village, l’unique option sécuritaire et fonctionnelle reste de construire un petit espace de production sur une section de terrain cédée par les membres de l’Équipe vidéo. La famille qui conforme l’Équipe habite en plein centre de Mississippi, assurant l’accessibilité de l’espace, et sa sécurité est facilitée par le fait qu’il y a toujours des membres de leur famille présents sur le terrain.
Au cours des prochaines semaines, nous déterminerons l’échéancier et les détails de la construction du centre de production et nous espérons pouvoir bientôt vous informer du succès de la minga (travail collectif entre voisins, suivi par une célébration).
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janvier de 2010
Début de la 2e étape de l'IVS : retour à Mississippi-Mehuin
Grâce à la générosité des principaux bailleurs de fonds de l'IVS et des institutions qui nous appuient, nous sommes retournés au Wallmapu, territoire mapuche au sud du Chili, à la suite de la phase exploratoire du projet qui s'est déroulée entre les mois de décembre 2008 et avril 2009.
Les mois de janvier à avril 2010 représentent la prochaine étape du projet pilote, durant laquelle nous travaillerons avec le Comité de Defensa del Mar pour combler ses besoins particuliers en communication audiovisuelle, comme identifiés durant les mois exploratoires du projet (voir avril 2009, dernier billet). Le mois de janvier a été mis à côté pour les premières réunions, discussions et sessions de planification entre les membres du Comité et les coordinateurs de l'IVS. Durant ces réunions, nous avons discuté les priorités communicationnelles du Comité – que, nous avons appris, n'ont pas beaucoup changées depuis notre départ en avril passé – et comment nous procéderons avec le travail dans les prochains mois.
La décision a été prise que « l'Équipe vidéo » formée durant la première phase du travail de l'IVS dans la communauté se maintiendra avec ses mêmes membres, avec comme priorité la consolidation de leurs capacités techniques et leur niveau de confort avec la technologie. Les membres du Comité sont unanimes en considérant le travail audiovisuel comme un élément important de la lutte socio-environnementale et l'objectif d'encourager l'unité des communautés et la création d'un mouvement lafkenche-mapuche pour la protection des droits et de la culture autochtones; pour cette raison, les membres du Comité considèrent qu'il est important de concentrer la formation audiovisuelle sur l'apprentissage des deux individus (un homme et une femme) qui sont capables et motivéEs de s’engager à apprendre et à développer des capacités durables, et qui sont prêtEs à être responsables de l'équipement audiovisuel de la communauté et de représenter le Comité à autres communautés à travers la vidéo.
La suite du travail audiovisuel, depuis mai 2009
Pendant les mois suivant la première étape de l'IVS, les membres du Comité ont utilisé le caméscope pour enregistrer des réunions et événements intercommunautaires. UnE membre de l'Équipe vidéo, ou autres membres du Comité ont voyagé aux événements avec les dirigeants locaux pour assurer leur enregistrement. La vidéo « artisanale » d'une demi-heure produite par les deux membres de l'Équipe vidéo, avec l'accompagnement technique de l'IVS, a été diffusée activement par le Comité, et, étant donné le manque d'un ordinateur capable de graver des DVD, reproduite par ses alliéEs urbainEs.
Malgré le caractère brut et « artisanal » de ce premier travail audiovisuel, ce documentaire produit localement a voyagé à travers le Chili pour être montré durant des événements éducationnels et de sensibilisation organisés par des membres du Comité et ses alliéEs dans les grandes villes de Santiago et Valparaíso et aussi loin que les villes de Iquique et Arica, dans le désert nord-chilien. Durant la présente saison touristique à Mehuin (janvier-février), des membres du Comité vendent des copies de ce documentaire « artisanal » aux visiteurs intéresséEs à apprendre du conflit environnemental qui impactera leur lieu de vacances d'été. Ainsi, le Comité est capable de générer, de manière autonome, les fonds nécessaires pour des déplacements, l'impression et l'envoi des documents légaux et autres priorités, et en même temps conscientiser la population chilienne.
Nous considérons la gestion autonome et automotivée de l'information contenue dans la première vidéo produite avec l'appui de l'IVS un grand succès. Le Comité de Defensa del Mar appelle cette manière autonome de combler ses besoins, l’autogestion et ses membres ne considèrent pas leur situation de communautés rurales, marginalisées et autochtones comme une barrière à l'autogestion – au contraire. L'IVS, en tant qu'initiative dédiée à l'appui de l'autodétermination autochtone et l’autonomie locale, à travers l'appropriation des technologies de communication, partage pleinement cette perspective.
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